lunabia

Compter les contractions : l'intervalle qui compte

· 5 min de lecture

Contractions d'entraînement, contractions de descente, vraies contractions : ce qui les distingue, comment mesurer l'intervalle et la durée, et la règle pour appeler la maternité.

Une femme enceinte assise sur son lit tient son ventre à deux mains.
Photo: Antoni Shkraba, Pexels (Pexels License)

Le ventre durcit, reste dur un moment, puis se relâche. C'était une contraction ? Et si oui, laquelle ? La question revient chaque jour pendant les dernières semaines, et la réponse décide si tu te rendors, si tu boucles ta valise ou si tu montes en voiture. Voici ce qui distingue les différentes contractions, comment les mesurer, et à partir de quand tu appelles.

Trois types de contractions

L'utérus est un muscle, et il s'entraîne bien avant l'accouchement. Cela se ressent différemment selon le moment.

Les contractions d'entraînement (contractions de Braxton Hicks) apparaissent à partir du milieu de la grossesse : certaines les sentent dès la 20e semaine, beaucoup seulement à partir de la 30e. Le ventre durcit pendant vingt à soixante secondes, puis se détend. Elles sont irrégulières, restent faibles, ne font pas mal et disparaissent quand tu changes de position, que tu bois un verre d'eau ou que tu prends un bain chaud. Elles arrivent souvent le soir, après un effort ou quand la vessie est pleine.

Les contractions de descente arrivent dans les trois à quatre dernières semaines. Elles font descendre le bébé plus bas dans le bassin. On les ressent comme un tiraillement vers le bas, un peu comme des douleurs de règles, parfois aussi dans le dos. Ensuite, respirer devient plus facile parce que la pression sur le diaphragme diminue, et les allers-retours aux toilettes se multiplient parce que la pression sur la vessie augmente. Elles aussi sont irrégulières et ne deviennent pas plus fortes.

Les contractions du travail sont différentes, et ce sur trois points : elles arrivent régulièrement, elles deviennent plus fortes, et elles ne s'arrêtent pas, quoi que tu fasses. Au début peut-être toutes les quinze ou vingt minutes, puis toutes les dix, puis toutes les cinq. Chacune dure plus longtemps que la précédente, et la douleur passe souvent du dos vers l'avant ou l'inverse. Pendant une vraie contraction, tu ne peux plus parler en même temps.

La différence ne tient pas à l'intensité d'une contraction isolée, mais à l'évolution sur une heure. C'est pour cela qu'on compte.

Ce que tu mesures

Deux chiffres et une observation.

La durée, c'est le temps entre le début et la fin d'une contraction : du moment où le ventre durcit jusqu'à ce qu'il redevienne souple. Les contractions d'entraînement durent le plus souvent moins d'une minute. Les contractions du travail commencent à trente ou quarante secondes et s'allongent au fil des heures, jusqu'à une minute ou plus.

L'intervalle, c'est le temps entre le début d'une contraction et le début de la suivante. Pas de la fin au début. C'est l'erreur la plus fréquente quand on compte à la maison, et elle change vraiment les choses : avec une contraction d'une minute et quatre minutes de pause, l'intervalle est de cinq minutes, pas de quatre. En salle de naissance, on compte de début à début, alors compte pareil chez toi.

La régularité, c'est l'observation : sur une heure, l'intervalle reste-t-il à peu près le même ou devient-il plus court ? Les contractions d'entraînement arrivent tantôt après huit minutes, tantôt après vingt, tantôt après trois. Les contractions du travail gardent leur rythme.

La règle sur laquelle les maternités s'appuient

La plupart des maternités et des sages-femmes donnent la même règle empirique : appelle quand les contractions arrivent environ toutes les cinq minutes, que chacune dure environ une minute, et que cela dure depuis une heure.

Cette règle a des exceptions, et il vaut mieux en parler à l'avance avec ta sage-femme :

  • Pour un deuxième ou un troisième enfant, cela va souvent plus vite. Beaucoup de maternités disent alors : partez déjà avec un intervalle de sept à dix minutes.
  • Si le trajet jusqu'à la maternité est long, pars plus tôt aussi.
  • Pour un accouchement prévu à domicile ou en maison de naissance, ce sont les consignes de ta sage-femme qui comptent, pas cette règle.
  • En cas de césarienne antérieure ou d'autres particularités, la maternité peut te demander expressément de venir plus tôt.

Et cette règle vaut pour les chiffres. Il existe des raisons de partir tout de suite, quelle que soit l'heure au chrono.

Partir immédiatement, sans regarder la montre

  • La poche des eaux s'est rompue, même sans contractions. Surtout si le liquide est verdâtre ou brunâtre.
  • Des saignements plus importants que les glaires légèrement sanglantes de la perte du bouchon muqueux.
  • Des contractions avant la 37e semaine révolue.
  • Tu sens ton bébé nettement moins que d'habitude.
  • Des douleurs fortes et continues, qui ne vont pas et viennent comme des contractions.
  • Des maux de tête violents, des troubles de la vision, des gonflements soudains du visage.
  • Quelque chose ne te semble pas normal. Cette raison suffit.

En cas de doute, appeler est toujours la bonne décision. Les personnes en salle de naissance t'écoutent, te posent des questions et te disent si tu dois venir. Elles sont là pour ça, même à trois heures du matin.

Compter sans stress

Chaque durcissement du ventre n'a pas besoin d'être chronométré. Si quelques contractions d'entraînement arrivent le soir, observe-les, change de position, bois quelque chose. Si elles disparaissent, l'affaire est close.

Commence à mesurer quand les contractions te semblent régulières ou deviennent plus fortes. Il te faut alors une heure de relevés. Sur papier, c'est possible : début, fin, début, fin. Plus pratique : quelque chose qui calcule à ta place, parce qu'en pleine contraction tu n'as pas envie de faire des soustractions. Lunabia propose pour cela un compteur de contractions : tu appuies au début, tu appuies à la fin, l'appli calcule l'intervalle de début à début et la durée, affiche la dernière heure et te dit quand la règle est remplie. Et celui qui manie le téléphone peut très bien être ton partenaire pendant que tu t'occupes de la contraction.

Entre les contractions : bouge si tu peux, bois, mange un petit quelque chose, va aux toilettes. Une vessie vide laisse de la place aux contractions. Et si tout commence la nuit et que l'intervalle est encore grand, essaie de dormir. Les contractions te réveilleront bien le moment venu.

FAQ

Comment compter correctement les contractions ?

L'intervalle se mesure du début d'une contraction au début de la suivante, la durée du début à la fin d'une contraction. Observe les deux pendant au moins une heure, car seule l'évolution montre s'il s'agit de contractions du travail.

Quand dois-je partir à la maternité pendant les contractions ?

La règle habituelle : toutes les cinq minutes, environ une minute chacune, depuis une heure. Pour un deuxième enfant, un long trajet ou sur consigne de la maternité, plus tôt. En cas de rupture de la poche des eaux, de saignements ou de mouvements du bébé diminués, immédiatement, quels que soient les chiffres.

Comment distinguer les contractions d'entraînement des vraies contractions ?

Les contractions d'entraînement sont irrégulières, restent faibles et disparaissent quand tu changes de position, que tu bois ou que tu prends un bain chaud. Les vraies contractions arrivent régulièrement, deviennent plus fortes et plus longues, et ne s'arrêtent pas, quoi que tu fasses.

Que faire si les contractions commencent la nuit ?

Si l'intervalle est encore grand et que tu peux t'allonger entre deux : essaie de dormir ou au moins de te reposer. L'accouchement peut durer longtemps et tu auras besoin de forces. Commence à mesurer quand les contractions te réveillent régulièrement.

Ce texte ne remplace pas une visite chez ton médecin ou ta sage-femme. En cas de douleur ou d'inquiétude, appelle-les, même la nuit.

À lire aussi